Nous avons acheté une ferme. En dehors de Montcuq. Un endroit que la plupart des gens ne connaissent que pour une seule raison.
Dites-le à voix haute. « q » silencieux. Cela ressemble à « mon cul ». Mon cul. Ce n’est pas un terrible crochet pour un lieu de vacances. Le village compte environ 1 800 habitants. Nous en avons ajouté quatre autres. La population grossit comme une coquille d’escargot autour d’un donjon construit au XIIIe siècle. C’est calme ici. Mais pas silencieux.
Il y a une librairie. Livres, livres et mon nouvel endroit préféré.
Je ne m’attendais pas à cela. En 2024 ? Vous appuyez sur un écran. Un chapitre se télécharge. Dopamine instantanée. Pourquoi aller chercher du papier dans un immeuble ? Je pensais retrouver le trio habituel. Un bistrot. Un buraliste. Une boulangerie. Ce n’est pas un temple pour l’encre.
Mais c’était là. Murs en pierre. Escaliers grinçants. Mes filles courent vers le coin des enfants comme si c’était à la maison.
“Je ne me plains pas.”
Nous parcourons ici la fiction. Les villageois récupèrent les précommandes. Les touristes trouvent de quoi lire au bord de la rivière Lot. Les pèlerins du Camino du Puy s’y arrêtent également. Ils portent des bâtons et des sacs lourds. Ils ont besoin de quelque chose de léger. Tout le monde caresse le chat résident. Personne ne part sans.
Il n’y a pas que nous. Les lecteurs voyagent. Pour les livres.
BookTok le pilote. Bookstagram aide. Les gens paient pour les visites. Ils traversent le Yorkshire pour ressentir les Wuthering Heights. Ils vont à l’Île-du-Prince-Édouard pour Anne Shirley. La France le fait différemment. Nous n’avons pas perdu nos magasins. Nous les avons gardés.
La loi qui l’a sauvé
Il existe plus de 3 000 magasins indépendants en France.
Regardez le Royaume-Uni. Seulement environ 1 000. Les États-Unis ? Environ 3 200 nationaux. Le ratio en France est dramatique. Un magasin pour 30 000 âmes. C’est dense. Olivier Pennaneac’h travaille pour une agence régionale. Il explique pourquoi.
C’est judiciaire.
La Loi Lang. 1981. Tarif fixe. Aucune réduction. Aucune vente. Amazon ne peut pas sous-coter le gars d’à côté. L’indie local ne le peut pas non plus.
“En France, il n’y a pas de concurrence sur les prix. C’est ce que permet ce réseau.”
Paris compte à elle seule 400 magasins. L’un d’eux est le statut de légende de Shakespeare & Co. Ulysse de Joyce a été publié ici alors que personne d’autre ne voulait y toucher. C’est comme si un artiste avait dessiné le rêve d’un rat de bibliothèque. Garennes de vieilles pièces. Notes manuscrites coincées dans les pages. Conseils du personnel sur des livres aléatoires.
Il y avait une file d’attente en décembre dernier. J’ai attendu 20 minutes. Je m’en fichais. Les gens qui attendent des livres ressemblent à une victoire sur le défilement sans fin. À l’intérieur? Aucune photo. L’interdiction fait du bien. Déconnexion numérique. Pur.
À Nice ? Masséna à travers le Monde. Ce n’est pas seulement pour les accords rosés. Il héberge des auteurs. Signatures. Un club mensuel. Les co-gérants connaissent leurs clients.
“Nous comprenons les likes par la parole, pas par les algorithmes.”
Cela compte.
Le miracle rural
Voici la partie étrange. Les nouvelles boutiques ne sont pas à Paris. Ils ne sont nulle part.
Entre 2017 et 85 pour cent des nouveaux magasins ont ouvert dans des villes de moins de 15 000 habitants. La moitié avait moins de 5,00.
Ces lieux ne vendent pas seulement des marchandises. Ils animent les villes. Comme le fait le bistro avec la nourriture.
Livres propose un jardin. Musique live. Café. Aubeterre-sur-Dronce en possède également un. La ville est petite. 300 âmes. Pavés. Une église taillée dans la pierre calcaire. Lorna Hempstead y va souvent. Gauthier le propriétaire l’aide. Il anime des conférences. Des trucs environnementaux. Expositions.
Ce n’est cependant pas facile. La passion paie les factures. Rentabilité? Quatrième pire commerce de détail.
La tendance s’est inversée. Pour la première fois ? Plus de fermetures que d’ouvertures en 85,83 ouvertes. Mais les gens lisent encore. 63 pour cent des adultes français lisent cinq livres par an. Les États-Unis aussi se réveillent. Les ventes d’imprimés sont en hausse. Les magasins indépendants ont récemment bondi de 70 pour cent. Rien que l’année dernière, six cents ont ouvert leurs portes.
Est-ce suffisant ?
Hay-on-Wye au Pays de Galles accueille 200 000 festivals littéraires. Le Livre Ouvert en Écosse vous permet de gérer le magasin pendant vos vacances là-bas. Une liste d’attente de deux ans. C’est ça le dévouement.
Montolieu dans les Pyrénées ? Un village du livre. 800 habitants. 52,0 quelques visiteurs par an. 15 magasins. C’est une destination.
J’y pense sans cesse. Une tournée à travers la France. Connecter les indépendants. Conduire juste pour les étagères.
La pire façon de voir un pays ? Probablement pas.
