American Airlines a récemment restitué le bagage enregistré d’un client sans roue, offrant peu de recours et citant « l’usure normale » comme justification – une pratique qui entre directement en conflit avec les directives du ministère des Transports (DOT). Cet incident met en lumière un problème systémique au sein de l’industrie aérienne, où les transporteurs nient régulièrement toute responsabilité pour les composants de bagages endommagés, repoussant ainsi les limites de conduite acceptable en vertu des réglementations en vigueur.
La norme de l’industrie : brouiller les frontières entre dommages et usure
Les compagnies aériennes soutiennent qu’elles ne sont pas responsables des dommages ou de l’usure préexistants résultant d’un emballage inapproprié, une position raisonnable. Cependant, de nombreux transporteurs imposent également des exclusions générales pour les dommages causés aux pièces saillantes telles que les roues, les sangles et les poignées. Cette approche est techniquement incompatible avec les règles du DOT, qui interdisent aux compagnies aériennes de refuser catégoriquement les réclamations pour de tels dommages. Le DOT a averti en 2015 que les compagnies aériennes abusaient « systématiquement » de cette faille, rejetant les réclamations sans examen approprié.
Contrat de transport : les petits caractères protègent les compagnies aériennes
Le contrat de transport d’American Airlines stipule explicitement qu’il ne couvre pas les « dommages… dus à l’usure normale » des pièces externes telles que les roues. La principale distinction est que les compagnies aériennes déclinent toute responsabilité uniquement lorsque les dommages sont attribués à l’usure normale et non à une mauvaise manipulation. D’autres grands transporteurs emboîtent le pas :
- United : Exclut la responsabilité pour les pièces saillantes si les dommages résultent de l’usure normale.
- JetBlue : Exclusions similaires pour les roues à bagages et les pièces similaires en raison de l’usure normale ou de la manipulation.
- Spirit : Rejette les réclamations pour dommages aux roues causés par l’usure normale.
Cette ambiguïté permet aux compagnies aériennes de classer presque tous les dommages dans la catégorie de l’usure, ce qui rend difficile pour les clients de contester les refus.
Application du DOT : un maillon faible dans la protection des consommateurs
Malgré les avertissements passés, l’application par le DOT des règles de protection des consommateurs contre les compagnies aériennes américaines reste laxiste. Les compagnies aériennes sont incitées à minimiser les paiements en cas de réclamation de bagages endommagés, des notes internes décrivant même des stratégies pour refuser les réclamations. Un cas récent impliquait qu’American Airlines ait écrasé la poussette d’une famille, offrant initialement une compensation, mais rejetant ensuite la réclamation pour cause d’usure.
Voies de recours alternatives
Obtenir des indemnisations pour les bagages endommagés est un défi. Cependant, de nombreuses cartes de crédit offrent comme avantage une couverture pour les bagages endommagés ou perdus. L’industrie du transport aérien est connue pour adopter cette position à tous les niveaux, ce qui rend difficile pour les clients de contester les réclamations.
En conclusion, même si les compagnies aériennes ne se conforment pas totalement à la réglementation, elles exploitent les failles de leurs contrats et des pratiques du secteur pour minimiser leur responsabilité en cas de dommages aux bagages. La faible application du DOT permet à ces abus de se poursuivre, laissant les passagers avec des recours limités et les compagnies aériennes à l’abri de toute responsabilité.


















